Jeudi 12 novembre 2009
4
12
/11
/Nov
/2009
21:29
Oui, je sais, je fais partie de ces parents coupables qui ont laissé filer le mythe du Père Noël un peu trop loin et n'arrivent pas à s'en dépêtrer. L'an dernier mes deux enfants prétendaient
encore dur comme fer y croire mordicus !
Pour mon fils, le doute n'est pas permis : à 7 ans il a livré bataille dans la cour de récré pour défendre l'honneur du vieux barbu.
Pour la louloute c'était déjà plus supect mais je n'avais pas le courage d'entamer la discussion...
Mais cette année, j'ai décidé d'être une mère responsable (et accessoirement de me débarrasser de la moitié de la corvée) et de mettre le sujet sur le tapis.
Alors en me lavant les mains un soir après être rentrée du bureau, j'appelle ma fille "adonaissante" et je lance d'un air entendu :
"Alors Loulou, dis-moi ce que tu penses vraiment du Père Noël ?"
Ma fille se dandine d'un pied sur l'autre l'air passablement roublard.
"Ben faut bien dire que je n'y crois plus trop"
Du même ton que lorsqu'elle avoue avoir fini tous les bonbons sans en avoir proposé un seul à son frère.
Mais ça m'arrange !
"Oui, tu es grande maintenant, tu as compris que c'était les parents qui se démenaient pour vous donner l'illusion du Père Noël
- C'est ce qu'on dit dans la cour de récré depuis des années. Mais c'était sympa d'y croire. C'est comme les Harry Potter, on sait que ce n'est pas vrai mais c'est bien de croire que la magie existe.
- Je comprends.
- Et il faudra continuer à faire semblant pour le "nain de jardin".
- Tu parles de ton frère ?
- Oui, lui, il serait trop déçu : il y croit vraiment !"
Au temps pour moi et mon désir de soulever le voile de la Vérité. C'est pas ma louloute qui va m'aider sur ce coup là.
"Ok, on fera en sorte qu'il ne se doute de rien."
Je m'essuie les mains tout en la regardant par le truchement du mirroir de la salle de bain. Elle a l'air sérieux tout à coup.
"Qu'est-ce qu'il se passe ma louloute ?
- Ben c'est juste que... je me demandais... c'est pas parce que je n'y crois plus que je n'aurai pas de cadeaux aussi beaux que les années d'avant ?"
Mon coeur se serre soudain devant ce désarrois quasi muet. Elle est à l'âge où chaque pas en avant la rend plus grande, plus mûre, mais où elle s'aperçoit à quel point elle est jeune et démunie.
"C'est injuste de grandir, lance-t-elle comme pour me donner raison. On est obligé d'abandonner plein de choses : le Père Noël, mon ancienne école où j'étais si bien..."
J'entends, je sens presque, sa gorge se serrer.
Alors il me reste un seul recours, celui de toutes les mamans du monde confrontées au désarrois de leur enfant : je l'ai prise dans mes bras, je lui ai carressé les cheveux, j'ai embrassé son front et j'ai dit :
"Tu es ma petite fille et une grande fille formidable et je t'aime, et tout ira bien..."
Salaud de Père Noël !
Pour mon fils, le doute n'est pas permis : à 7 ans il a livré bataille dans la cour de récré pour défendre l'honneur du vieux barbu.
Pour la louloute c'était déjà plus supect mais je n'avais pas le courage d'entamer la discussion...
Mais cette année, j'ai décidé d'être une mère responsable (et accessoirement de me débarrasser de la moitié de la corvée) et de mettre le sujet sur le tapis.
Alors en me lavant les mains un soir après être rentrée du bureau, j'appelle ma fille "adonaissante" et je lance d'un air entendu :
"Alors Loulou, dis-moi ce que tu penses vraiment du Père Noël ?"
Ma fille se dandine d'un pied sur l'autre l'air passablement roublard.
"Ben faut bien dire que je n'y crois plus trop"
Du même ton que lorsqu'elle avoue avoir fini tous les bonbons sans en avoir proposé un seul à son frère.
Mais ça m'arrange !
"Oui, tu es grande maintenant, tu as compris que c'était les parents qui se démenaient pour vous donner l'illusion du Père Noël
- C'est ce qu'on dit dans la cour de récré depuis des années. Mais c'était sympa d'y croire. C'est comme les Harry Potter, on sait que ce n'est pas vrai mais c'est bien de croire que la magie existe.
- Je comprends.
- Et il faudra continuer à faire semblant pour le "nain de jardin".
- Tu parles de ton frère ?
- Oui, lui, il serait trop déçu : il y croit vraiment !"
Au temps pour moi et mon désir de soulever le voile de la Vérité. C'est pas ma louloute qui va m'aider sur ce coup là.
"Ok, on fera en sorte qu'il ne se doute de rien."
Je m'essuie les mains tout en la regardant par le truchement du mirroir de la salle de bain. Elle a l'air sérieux tout à coup.
"Qu'est-ce qu'il se passe ma louloute ?
- Ben c'est juste que... je me demandais... c'est pas parce que je n'y crois plus que je n'aurai pas de cadeaux aussi beaux que les années d'avant ?"
Mon coeur se serre soudain devant ce désarrois quasi muet. Elle est à l'âge où chaque pas en avant la rend plus grande, plus mûre, mais où elle s'aperçoit à quel point elle est jeune et démunie.
"C'est injuste de grandir, lance-t-elle comme pour me donner raison. On est obligé d'abandonner plein de choses : le Père Noël, mon ancienne école où j'étais si bien..."
J'entends, je sens presque, sa gorge se serrer.
Alors il me reste un seul recours, celui de toutes les mamans du monde confrontées au désarrois de leur enfant : je l'ai prise dans mes bras, je lui ai carressé les cheveux, j'ai embrassé son front et j'ai dit :
"Tu es ma petite fille et une grande fille formidable et je t'aime, et tout ira bien..."
Salaud de Père Noël !
